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Page:Philippe - Marie Donadieu, 1904.djvu/138

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sonnable ; aussi savait-on, en l’accompagnant, que l’on ne commettait pas une folie. Il la quitta au bout d’une heure, car il avait ses occupations et lui dit alors, qu’intéressé par cette première conversation, il eût voulu la poursuivre et traverserait à cet effet le jardin du Luxembourg, en passant par le lieu de leur rencontre, trois jours plus tard, à l’heure qu’elle choisirait : deux heures et demie, pour fixer les idées.

C’est la seconde entrevue qui fut remarquable. Leurs pas se traînaient d’abord, leurs pas continuaient parce qu’ils avaient commencé, et si l’un d’eux sortait quelques mots, c’était avec lenteur et l’autre en sentait le poids comme lorsqu’on soulève la terre après l’avoir bêchée. Et lorsqu’ils arrivèrent ensemble chez le jeune homme, chacun craignait encore de ne savoir comment s’y prendre. Le café chauffa, ils se rattachaient à lui et ne pouvaient rien dire à cause du silence. Un grand canapé leur servit : il était là, ils s’assirent d’abord avec un certain éloignement, mais bientôt, de prétexte en prétexte, avec des façons d’aller examiner de près la flamme de la lampe à alcool, l’homme mar-