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Page:Philippe - Marie Donadieu, 1904.djvu/128

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permettait de donner quelques coups d’œil aux images et de sentir pour elle seule.

C’était Paris. C’était une monstrueuse présence qui s’étalait et tendait largement ses cent mille maisons que des toits hors d’atteinte coiffaient dans le ciel, une présence de pierre imposante comme une colère de Dieu, dont le volume dépassait tout ce qu’on en pouvait prévoir, à laquelle des Pygmées ajoutaient encore, une ville où des échafaudages montaient aux murailles, où de larges fissures apparaissaient d’un coup, où des terrassiers et des maçons consolidaient les bases, où le travail intérieur de la matière, éclatant parfois en d’immenses catastrophes, broyait des tramways, incendiait des bazars, anéantissait des hommes par centaines et se riait des ingénieurs et des sciences. C’était un lieu que des créatures traversaient par bandes, où le faible cri des poitrines se multipliait en un si grand nombre, où la voix de chaque passion recevait une telle réponse que cela montait, dominait tout, coulait avec les nuages et semblait tomber de la bouche d’un élément, là-haut. C’étaient des lumières qu’une passe de