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dis : Elle est en train de lire quelque chose à sa dame. Il me semble que je te vois. Tu ne savais pas bien lire tout haut. As-tu fait des progrès ? Ta grand’mère me répond : Oh ! tu sais beaucoup ce qu’elle est en train de faire ! Enfin, tu la connais. Mais je ne me rends pas compte de ce que tu fais le matin. Tu m’en parleras. Les dames s’occupent de leur ménage, on te laisse seule, tu es peut-être libre. Ne va pas trop te promener seule dans Paris. Mais surtout, Marie, il y a une chose que je ne veux pas. C’est qu’on te fasse faire des besognes qui ne soient pas de ton rang. Tu es une demoiselle de compagnie et tu ne dois pas travailler de tes mains ni épousseter comme une femme de chambre. Ne fréquente pas non plus les domestiques. Je ne dis pas que tu ne fasses pas ta chambre. Pour ça, je te laisse libre. Crois-moi, on a de l’expérience à mon âge. Tu ne connais pas la vie, ça te viendra, ça te viendra même trop vite. Enfin, ma petite fille, ici on est deux vieux. Nous parlons souvent de toi. Ta tante Amélie est venue nous voir. Elle dit que tu dois être très bien. Tant mieux !… »