Ouvrir le menu principal

Page:Philippe - Marie Donadieu, 1904.djvu/120

Cette page a été validée par deux contributeurs.


que l’abdication de tous les autres gestes.

Alors, elle vécut dans la chambre. Elle se plaisait à la trouver étrange et, repassant dans sa tête les jours de jeune lumière au jardin de Basile, les bondissements, les chasses et l’innocence d’autrefois, elle était heureuse entre quatre murs comme un grand seigneur du temps des découvertes, qui quittait sa joie, sa vie, les bonheurs d’Europe, qui voguait au hasard, qui goûtait à la liberté et la savourait parmi les îles, jusque dans les dangers, jusque dans la captivité chez un peuple noir. Elle cherchait Eldorado, le sentait vivre dans son cœur et le trouvait à chaque pas. Paris était auprès d’elle, elle ne se pressait guère et le saluait de confiance. Mais c’est sur lui qu’elle comptait. Les histoires d’amour avaient bien changé. Autrefois, les baisers, les baisers défendus se gonflaient à ses lèvres, creusaient dans ses reins la volupté comme un sillon et, contenant tout, la cause et l’effet, bornaient la vie à leur suprême aboutissement. Les temps alors étaient marqués par un nouveau principe, comme le siècle qui suit une révolution. Maintenant,