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Page:Philippe - Marie Donadieu, 1904.djvu/119

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avait des langueurs et une brutale envie de la saisir, de la tirer, de l’arracher. La chambre ne vous eût pas amusé. Des rideaux, une descente de lit, une table, des plis endormants, des couleurs que mille jours d’ennui avaient atteintes, un buffet, pourtant, avec des portes vitrées et trois rayons, cela composait la chambre, lorsque Marie n’était pas au lit, et elle attendait que vînt le Premier de l’An pour clouer au mur un de ces grands calendriers à image qu’offrent à leurs clientes les magasins de nouveautés. Les rayons du buffet contenaient des cahiers, un chapeau de femme, des boîtes et un paquet de bougies. Elle s’en accommodait, sachant qu’elle habitait Paris. Les premiers temps, elle eut envie de bien faire et tante Amélie lui obtint de sa maison de Lyon l’adresse d’une maison à Paris qui vous confiait de la chenille et des voilettes. Du reste, rien ne pouvait durer avec elle. Lorsqu’au bout de huit jours, les voilettes eurent perdu leur nouveauté, leur romantisme, elle les lâcha pour suivre des idées qui passaient. Elle n’aimait pas le travail et ne voyait en lui que la répétition d’un geste,