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Page:Philippe - Marie Donadieu, 1904.djvu/118

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II



La chambre était grise tout le jour et donnait sur une cour profonde que barraient quatre pans de murs percés de fenêtres noires. On y vivait en levant les rideaux. Il semblait qu’un sens anormal eût dû se développer dans l’ombre et sourdre des profondeurs pour suppléer aux rayons du soleil. Parfois, derrière la vitre d’en face, quelque chose de blafard apparaissait sans qu’on s’y attendît et tendait une sorte de tête qui restait là longtemps. D’autre fois, un heurt, un bruit d’ustensiles, une parole, éclataient deux étages plus bas, sur le sol, auprès de la fontaine et, résonnant aux murailles, montait, montait encore et se perdait au-dessus des toits dans un carré gris que l’on n’apercevait même pas. L’après-midi s’écoulait lentement : on en