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Page:Philippe - Marie Donadieu, 1904.djvu/114

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— Alors, vous la connaissez ?

Puis elle s’arrêta, mais à moitié, comme lorsqu’on est sur un pied et qu’on se réjouit d’avance de l’endroit où l’on va poser l’autre. Elle n’y tint pas.

— Je voudrais bien vous demander quelque chose, mais je n’ose pas… Eh bien ! c’est que vous l’appeliez !

Sur un signe de Jean, une fille se leva. Elle vint, elle avait un sourire pour atténuer ses hardiesses, elle marchait de côté pour n’avoir pas l’air trop effronté. Elle dit :

— Moi, je ne savais qu’il fallait que je vienne. Bonjour, Monsieur, Madame. Tiens, vois mes doigts. Oh ! tu ne sais pas, j’ai été malade. Ça m’a pris dans le bras. J’avais tous les doigts tortillés. Le médecin a dit que j’étais trop nerveuse, et puis de l’anémie. Moi, je ne les crois pas, les médecins. J’ai bonne mine. Alors, voilà ! C’est comme je te dis. Faut que je prenne des remèdes : c’est salé et puis ça tue.

Elle eût parlé longtemps, elle montrait tout comme un petit animal, sauf certaines choses que l’on ne montre que pour de l’argent. Elle