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Page:Philippe - Marie Donadieu, 1904.djvu/109

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les des bonheurs. Tu regardes une femme sur un lit, et cette femme n’est pas la tienne.

Et Marie se redressait, sautait au milieu de la chambre, se dégageait de tout et lançait un mot :

— Moi, je veux promener. Mon petit Jean Bousset, promenez-moi. Oui, oui, ça me prend tout d’un coup. Monsieur Crouzat, je veux promener.

Raphaël débourra sa pipe, la logea dans sa poche et sourit d’un sourire complet. Il avait un sourire à lui, qui descendait des pommettes au coin des lèvres et lui faisait du bien dans la chair des joues. C’était un homme silencieux et il le savourait tout bas.

Marie rayonnait. Voici qu’elle ne se posséda plus, et elle se mit à gesticuler, et elle regardait à la ronde Raphaël, Jean Bousset, le lit, la chambre, la lampe, une cafetière qui restait sur la table. Et elle était libre, et elle était la maîtresse, et elle criait :

— Je porte la culotte. Moi, je porte la culotte !

Elle criait à tue-tête. Elle avait découvert cela, elle pensait à la promenade, aux lumières,