Ouvrir le menu principal

Page:Philippe - Marie Donadieu, 1904.djvu/108

Cette page a été validée par deux contributeurs.


lui retourner grandes et tordues. Il y a d’autres idéals encore et mon sang coule et garnit les sentiments de mon cœur. Je voudrais être un voyageur et boire partout où vous avez bu. Il y a des femmes que l’on couche au fond des fossés, il y a l’eau de vie qui vous descend au cœur avec 90 degrés, il y a des pays où l’on se baigne, où l’on entre, où des montagnes étouffent le ciel, où des vallées sont fraîches et mettent la joie du monde à la hauteur de vos narines. Il y a un autre idéal encore. Et ce sont ces deux-là, Raphaël et Marie, qui l’ont connu. Et je sais tout. Je sais que ce n’est pas toi, Raphaël, qu’aime Marie, pas vous, Marie, qu’aime Raphaël, mais vous aimez je ne sais quelle part de vous-même, la meilleure et la plus profonde, qui se mire de l’un dans l’autre et y multiplie son image. Car l’amour est l’étendue et la multiplication. Et moi, je suis étroit et seul, pauvre, étroit, seul. Et je me demande : Quelle est ta voie ? Et je me dis : Où vas-tu ? Que n’as-tu choisi ! Il y a l’anachorète, il y a le voyageur, il y a l’amant. Ton âme est en défaut, ton cœur succombe à chaque pente. Il y a trop longtemps que tu frô-