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Page:Philippe - Marie Donadieu, 1904.djvu/107

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sait le tout et bâtissait déjà il ne savait quel château sentimental pour lequel il trouvait encore des arceaux et des baies et des tentures et des pelouses et des histoires inconnues qui, l’une après l’autre, se levaient du fond de son cœur. Il se penchait sur la vie, en suivait les bords, en faisait longtemps le tour. De toutes les bases il ne savait laquelle choisir, de toutes les forces il ne savait laquelle poussait son sang.

Et il pensait : Voici que je réfléchis. Et je ne réfléchirais même pas si j’étais un homme. Et qu’est-ce que je suis ? J’ai pourtant du courage. Et je le consacre tout entier à me dire : Que vas-tu faire de ton courage ? Et je sais où pourrait me mener la vie. Et tout ce que j’ai pu faire a été de lui dire une fois : Non, je n’irai pas là. Et voici que je ne sais plus où j’irai de moi-même. Il est vrai que je suis seul et qu’il y a l’idéal de l’homme seul. Il y a trois idéals aujourd’hui. Lequel est le mien ? Je voudrais être sévère et seul comme Michel-Ange et châtrer en moi tout ce qui n’est pas le grand principe et bâtir le Jour et bâtir la Nuit et sculpter les choses du monde et les