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Page:Philippe - Marie Donadieu, 1904.djvu/100

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Marie avait des larmes plein les yeux. Brusquement elles furent sèches et elle dit :

— Hi, hi, hi ! c’est gentil.

Raphaël n’ajoutait rien à ce qu’on lui demandait. Il avait l’habitude de cuber les pavés. Il dit :

— Alors, comment ?… il est mort, il s’est noyé…

Jean ne répondit pas. Il continuait sa route, il était content de ses premier pas, une femme les avait remarqués et, maintenant, il continuait sa route en faisant valoir tout son bagage.

— Je n’ai rien compris à ma jeunesse. J’aimais trop le bonheur, je l’ai gardé pour le dernier. Ah ! pourquoi mon père était-il économe ? Je revois les dimanches soirs du Lycée. La ville brillait, le ciel était grand, la ville était libre, j’étais enfant, j’imaginais des manèges de chevaux de bois. Je restais dans la cour, je bénissais ma captivité, j’enregistrais le malheur de ceux qui sont captifs. J’eusse été bien malheureux si j’avais eu du bonheur. Voyez-vous, Marie, nous avons été trop longtemps pauvres. Lorsque j’ai pris mon oncle à ma charge, j’étais très