Page:Pergaud - La Guerre des boutons, 1912.djvu/97

Le texte de cette page a été corrigé et est conforme au fac-similé.
97
la guerre des boutons


celle-ci, affirma le maître, je vous mènerais au Certificat l’année prochaine.

Le certificat d’études, Lebrac n’y tenait pas : s’appuyer des dictées, des calculs, des compositions françaises, sans compter la « giographie » et l’histoire, ah ! mais non, pas de ça ! Aussi les compliments ni les promesses ne l’émurent, et s’il eut le sourire, ce fut tout simplement parce qu’il se sentait sûr maintenant, même s’il flanchait un peu en histoire et en grammaire, d’être lâché quand même le soir à cause de la bonne impression qu’il avait produite le matin.

Quand quatre heures sonnèrent, qu’ils eurent filé à la maison prendre le chanteau de pain habituel et qu’ils se trouvèrent de nouveau rassemblés à la carrière à Pepiot, Camus, certain d’être en avance, partit avec Grangibus et Gambette pour surveiller la lisière, pendant que le reste de l’armée filait en toute hâte se mettre en tenue de bataille.

Camus, arrivé, monta sur son arbre et regarda. Rien encore n’apparaissait ; il en profita pour resserrer les ficelles qui rattachaient les élastiques à la fourche et au cuir de sa fronde et pour trier ses cailloux : les meilleurs dans les poches de gauche, les autres dans celles de droite.

Pendant ce temps, sous la garde de Boulot, qui désignait à chacun sa place et alignait de grosses pierres pour y poser les habits afin qu’ils ne se