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la guerre des boutons


– Non, convint Camus ; mais ses boutons ! Et dire que c’est pour me délivrer ! Ah ! malheur de malheur ! Il avait bien raison de nous dire de ne pas venir ce soir. Faut toujours écouter son chef !

– Mais ousqu’est La Crique ? personne n’a vu La Crique ? tu ne sais pas s’il est pris ?

– Non ! reprit Camus, je ne crois pas, j’ai pas vu qu’ils l’aient emmené, il a dû se défiler par les buissons du dessus…

Pendant que les Longevernes se lamentaient et que Camus, dans le désarroi du désastre, reconnaissait les avantages et la nécessité d’une forte discipline, un rappel de perdrix les fit tressaillir.

– C’est La Crique, dit Grangibus.

C’était lui, en effet, qui, au moment de l’assaut, s’était glissé comme un renard entre les buissons et avait échappé aux Velrans. Il venait du haut du communal et avait sûrement vu quelque chose, car il dit :

– Ah ! mes amis, qu’est-ce qu’ils lui passent à Lebrac ! J’ai mal vu, mais ce que ça cognait dur !

Et il réquisitionna la ficelle et les épingles de la bande pour raffubler les habits du général qui certainement n’y couperait pas.

Et, en effet, une scène terrible se déroulait à la lisière.

D’abord enveloppé, enroulé, emporté par le tourbillon des adversaires au point de n’y plus rien