Page:Pergaud - La Guerre des boutons, 1912.djvu/56

Le texte de cette page a été corrigé et est conforme au fac-similé.
56
la guerre des boutons


ble lapida Camus qui croisa ses bras sur sa figure, les mains sur les yeux pour se protéger.

Beaucoup de Velrans manquaient heureusement leur but, pressés qu’ils étaient de lancer leurs projectiles, mais quelques-uns, mais trop touchaient : pan sur le dos ! pan sur la gueule ! pan sur la ratelle ! pan sur le râble ! pan sur les guibolles ! attrape encore « çui-là » mon fils !

— Ah ! t’y viendras, mon salaud ! disait l’Aztec.

Et de fait, le pauvre Camus n’avait pas assez de mains pour se protéger et se frotter, et il allait enfin se rendre à merci, quand le cri de guerre et le rugissement terrible de son chef, ramenant ses troupes au combat, le délivra comme par enchantement de cette terrible position.

Lentement, il décroisa un bras, puis un autre, et se tâta, et regarda et… ce qu’il vit…

— Horreur ! trois fois horreur ! L’armée de Longeverne, essoufflée, arrivait au Gros Buisson, hurlante, avec Tintin et Grangibus, tandis qu’à la lisière les Velrans, en troupeau, emmenaient, emportaient Lebrac prisonnier.

— Lebrac ! Lebrac ! nom de Dieu. Lebrac ! piailla-t-il. Comment que ça a pu se faire ? Ah bon Dieu de bon Dieu de nom de Dieu de nom de Dieu de cent dieux !

La malédiction désespérée de Camus eut un re-