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la guerre des boutons


ques, effarés, démoralisés, trop peu nombreux, battirent en retraite aussitôt, et, prenant leurs jambes à leur cou, s’enfuirent, leurs talons battant les fesses, à toute allure, dans la direction de la carrière à Laugu, sans oser se retourner et croyant que toute l’armée ennemie leur arrivait dessus.

Malgré sa supériorité numérique, la colonne des Velrans, en arrivant au Gros Buisson, ralentit un peu son élan, craignant quelque projectile désespéré ; mais, ne recevant rien, elle s’engagea brusquement sous le couvert et se mit à fouiller le camp.

Hélas ! on ne voyait rien, on ne trouvait personne, et l’Aztec grommelait déjà, quand il dénicha Camus blotti dans son arbre tel un écureuil surpris.

Il eut un ah ! sonore de triomphe en l’apercevant et, tout en se félicitant intérieurement de ce que l’assaut n’eût pas été inutile, il somma immédiatement son prisonnier de descendre.

Camus, qui savait le sort qui l’attendait s’il abandonnait son asile et avait encore quelques cailloux en poche, répondit par le mot de Cambronne à cette injonction injurieuse. Déjà il fouillait les poches de son pantalon, quand l’Aztec, sans réitérer son invitation discourtoise, ordonna à ses hommes de lui « descendre cet oiseau-là » à coups de cailloux.

Avant qu’il eût bandé sa fronde, une grêle terri-