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la guerre des boutons


— Faudrait peut-être pas aller ce soir ? hasarda Lebrac, pensif.

Camus bondit. — Pas aller ! Ben il la baillait belle, le général. Pour qui qu’on le prenait, lui, Camus ! Par exemple, qu’on allait passer pour couillons !

Lebrac ébranlé se rendit à ces raisons et convint que, sitôt libéré avec Tintin, Boulot et Grangibus (et ils allaient s’y mettre d’attaque), ils se porteraient ensemble à leur poste de combat.

Mais il était inquiet. Ça l’embêtait, na ! que lui, chef, ne fût pas là pour diriger la manœuvre en un jour plutôt difficile.

Camus le rassura et, après de brefs adieux, à quatre heures, fila, flanqué de ses guerriers, vers le terrain de combat.

Tout de même cette responsabilité nouvelle le rendait pensif, et, préoccupé d’on ne sait quoi, le cœur peut-être étreint de sombres pressentiments, il ne songea point à faire se dissimuler ses hommes avant d’arriver à leur retranchement du Gros Buisson.

Les Velrans, eux, étaient arrivés en avance. Surpris de ne rien voir, ils avaient chargé l’un d’eux, Touegueule[1], de grimper à son arbre pour se rendre compte de la situation.

Touegueule, de son foyard, vit la petite troupe

  1. Surnom qui signifie : tord gueule.