Page:Pergaud - La Guerre des boutons, 1912.djvu/45

Le texte de cette page a été corrigé et est conforme au fac-similé.
45
la guerre des boutons


verne, parmi les acclamations et les hurlements de guerre des vainqueurs.

Ce fut un désarroi dans l’armée de Velrans, qui battit en retraite sur le bois, tandis que les Longevernes, entourant leur prisonnier, beuglaient haut leur victoire. Migue la Lune, entouré d’une quadruple haie de gardiens, se débattait à peine, écrasé sous l’aventure.

— Ah ! mon ami, « on s’a fait choper », fit le grand Lebrac, sinistre ; eh bien, attends un peu pour voir !

— Euh ! euh ! euh ! ne me faites point de mal, bégaya Migue la Lune.

— Oui, mon p’tit, pour que tu nous traites encore de pourris et de couilles molles !

— C’est pas moi ! Oh ! mon Dieu ! Qu’est-ce que vous voulez me faire ?

— Apportez le couteau, commanda Lebrac.

— Oh ! « moman, moman » ! Qu’est-ce que vous voulez me couper ?

— Les oreilles, beugla Tintin.

— Et le nez, ajouta Camus.

— Et le zizi, continua La Crique.

— Sans oublier les couilles, compléta Lebrac, on va voir si tu les as molles !

— Faudra lui lier le sac avant de couper, comme on fait avec les petits taureaux, fit observer Gam-