Page:Pergaud - La Guerre des boutons, 1912.djvu/340

Le texte de cette page a été corrigé et est conforme au fac-similé.



CHAPITRE IX

tragiques rentrées


Les sanglots des martyrs et des suppliciés

Sont une symphonie enivrante sans doute…

ch. baudelaire (Les Fleurs du Mal).


Bacaillé, dépêtré de ses liens, les fesses en sang, la face congestionnée, les yeux révulsés d’horreur, reçut en pleine figure les paquets malodorants qu’étaient ses habits, cependant que toute l’armée, suivant ses chefs, l’abandonnait à son sort et quittait dignement la cabane pour aller un peu plus loin, dans un endroit désert et caché, se concerter sur ce qu’il convenait de faire en si pressante et pénible occurrence.

Pas un ne se demandait ce qu’il allait advenir du traître démasqué, châtié, fessé, déshonoré, empuanti. Ça, c’était son affaire, il n’avait que ce qu’il méritait et tout juste encore. Des râles et des hoquets