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CHAPITRE III.

le festin dans la forêt


Qu’on boute du vin en la tasse

Soumelier ! Qu’on en verse tant Qu’il se respande dans la place ! Qu’on mange, qu’on boive d’autant !

ronsard (Odes).


Qu’allait-il se passer dans la troupe de l’Aztec rossée, meurtrie, pillée et abattue ? Lebrac, après tout, s’en f…ichait et son armée aussi. On avait la victoire, on avait fait six prisonniers. Jamais ça ne s’était vu depuis des temps et des temps. La tradition des hauts faits de guerre, religieusement conservée et transmise, ne signalait, La Crique s’en portait garant, aucune de ces prises fabuleuses et de ces rossées fantastiques. Lebrac pouvait se considérer comme le plus grand capitaine qui eût jamais commandé à Longeverne, et son armée comme la phalange la plus vaillante et la plus éprouvée.

Le butin était là en tas : amas de boutons et de tresses, de cordons et de boucles et d’objets hété-