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la guerre des boutons


allez-vous-en ! on fera bien sans vous ; demain on vous racontera comment que les choses se sont passées ; ce soir, vous nous gêneriez plutôt, et dormez tranquilles, le vieux va nous payer ses dettes. Surtout, ajouta-t-il, écampillez-vous, ne restez pas en bande, on pourrait peut-être se douter de « quéque chose » et il ne faut pas de ça.

Quand la bande fut réduite à Lebrac, Camus, Tintin, La Crique, Boulot, les deux Gibus et Gambette, le chef exposa son plan.

Ils allaient tous, en silence, leurs cordes de véllie à la main traînant derrière eux, descendre la grande rue du village et les hommes désignés à cet effet se placeraient aux endroits voulus, entre deux fumiers se faisant face.

Deux groupes de deux gars suffiraient pour tendre, en travers de la route, au passage du garde, les rets traîtres qui le feraient trébucher, rouler à terre et passer pour plus saoul encore qu’il ne serait. Il y aurait quatre endroits où l’on tendrait les embuscades.

On descendit : au fumier de chez Jean-Baptiste on laissa un lien et un autre à celui de chez Groscoulas : Boulot et Tigibus devaient revenir au dernier, La Crique et Grangibus à l’avant-dernier. En attendant ils continuèrent tous à avancer et Boulot, chef d’embuscade, s’arrêta avec son camarade au fumier de chez Botot, tandis que La Crique, et son