Page:Pergaud - La Guerre des boutons, 1912.djvu/100

Le texte de cette page a été corrigé et est conforme au fac-similé.
100
la guerre des boutons


tiles leur dégringola sur les épaules qui les fit tout de même réfléchir et émoussa leur enthousiasme.

Touegueule, qui était descendu pour prendre part à la curée, regrimpa sur son foyard pour voir si, d’aventure, des renforts n’étaient pas arrivés au Gros Buisson ; mais il s’aperçut tout simplement que Camus était redescendu de son arbre et, la fronde bandée, se tenait près de Grangibus et de Gambette, ces derniers aussi sur la défensive. Rien de nouveau par conséquent. C’est que les guerriers de Longeverne, tout transis et grelottants, s’étaient coulés silencieusement derrière les fûts des arbres et sous les fourrés épais et ne bougeaient « ni pieds ni pattes ».

– Ils vont recommencer l’assaut, prédit Lebrac à mi-voix ; on a eu tort peut-être de lancer trop de cailloux tout à l’heure ; pourvu qu’ils ne se doutent pas qu’on les attend.

– Attention ! prenez vos godons, laissez-les venir tout près, alors je commanderai le feu et aussitôt la charge !

L’Aztec des Gués, rassuré par l’exploration de Touegueule, pensa que si les ennemis ne se montraient pas et faisaient ainsi que le samedi d’avant, c’était qu’ils se trouvaient, de même que ce jour-là, sans chef et en état d’infériorité numérique notoire. Il décida donc, immédiatement approuvé par les grands conseillers, enthousiastes encore au sou-