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DES SAINTS INNOCENTS lui qui veut perdre, l’imbécile, et c’est moi qui veux qu’il gagne.

Et je réussis quelquefois

A ce qu’il gagne.

C’est le cas de le dire, nous jouons à qui perd gagne. Du moins lui, car moi si je perdais, je perds. Mais lui quand il perd, alors seulement il gagne. Singulier jeu, je suis son partenaire et son adversaire Et il veut gagner, contre moi, c’est-à-dire perdre. Et moi son adversaire je veux le faire gagner.

Et le royaume du Notre Père est le royaume mcme de l’espérance : Donnez-nous aujouriVhui notre pain de chaque jour.

(Et le royaume du Je vous salue Marie est un royaume plus secret).

Celui qui a dit le soir son Notre Père peut dormir

tranquille. Croyez-vous que je vais m’amuser à faire des misères à

ces pauvres enfants. Suis-je pas leur père. Et que je vais m’amuser à leur faire des surprises comme

on en fait à la guerre. Est-ce que je leur fais la guerre ? Oui je leur fais la guerre, mais sait bien pourquoi.

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