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Le long des blancs bouleaux, le long du même saule,
Voyant un vagabond, quelque échappé de geôle,
Un autre centurion, de ceux que Rome enrôle,

Du manteau militaire enfin se découvrît ;
C’est tout ce qu’il fallait pour que l’homme s’éprît
Du seul amour qui dure et pour qu’il se déprît

Du seul amour qui passe et pour qu’il se méprît
Comme il faut se méprendre et qu’alors il comprît
Tout ce qu’il faut comprendre et qu’alors il en prît

Tout ce qu’il faut en prendre et qu’alors il surprît
Le secret mal gardé, le secret manuscrit
Qui n’est pas dans la lettre et se cache en esprit ;

Les armes de Jésus c’est le chemin fleuri,
Mais plus que le printemps galamment refleuri,
C’est le sévère automne à l’instant défleuri ;

Et la fleur de Marie est la rose fleurie,
Mais plus que l’humble rose au printemps refleurie,
C’est la rose d’automne humblement défleurie ;

Les armes de Jésus c’est le vallon fleuri.
Mais plus que le printemps incessamment fleuri,
Et plus que le printemps insolemment fleuri,