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DES SAINTS INNOCENTS Je trouve que ce Joinville n’est pas indigne et même

qu’il est digne, Et que c’est ce saint Louis qui est trente fois digne D’être mon fils dans mon cœur et d’appuyer son épaule Contre mon épaule.

D’ailleurs ce qu’il avait en en Égypte, dit Dieu,

Et ce qu’il attrapa en Tunisie,

Ce grand épuisement de tout son corps

Et cet incoercible

Flux de ventre dont il mourut

Ne valaient pas mieux que cette lèpre qu’il consentait

d’avoir. Il n’y a point de maladie de bonne, dit Dieu. Je lésais,

c’est moi qui les ai faites. C’est pour cela qu’il se fait tant de saints, et des plus

beaux, dans la maladie, Et des plus grands.

Et que tant de saints sortent de la maladie Naturellement comme du ventre de leur mère et que

tant de saintetés Sortent naturellement de la maladie les plus éclatantes,

les plus tendres, les plus chères, les plus lleurissantes

de toutes. Et qu’il y a manière de tourner la maladie et la mort

par la maladie en martyre même.

Pour moi, dit Dieu, quand je vois,

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