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C’est le mouvement propre, le mouvement naturel de notre amour. Le mouvement de notre charité.

De notre amour humain, de notre amour familial, de notre amour filial. De notre charité.

Et il y a encore cette différence. Et elle est capitale. Et elle est tout. Que ceux de la souffrante sont sûrs d’y aller. Et que nous ne sommes sûrs de rien. Puisque nous sommes avant.

De rien du tout.

Puisque nous ne sommes pas encore décidés.

Pas encore dirigés.

Séparés.

Acheminés vers l’un des trois chemins.

Sur l’un des trois chemins.

Sur l’une des deux routes.


Telle est la communion, telle est la vie des trois Églises vivantes. Mais il n’y a point d’Église morte, il n’y a pas une Église qui ne communierait pas.

Qui ne serait pas une Église, qui donc ne serait pas une Église. Il n’y a pas une Église morte.

Un silence.

Mon enfant, ma petite fille, le bon Dieu a fait des cadres. Il faut travailler, il faut prier, il faut souffrir dans les cadres que le bon Dieu nous a faits. Il veut bien accepter nos souffrances d’ici-bas pour sauver les âmes en danger. Mais il n’a pas voulu que la souffrance infernale servît à sauver les âmes ; il n’accepterait pas, pour sauver les âmes en danger, nos souffrances de là-bas. Il n’y a pas une Église morte.