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le compte rendu sténographique des débats qui se poursuivent si ennuyeusement devant la Haute Cour. Ici reconnaissons l’hommage que le vice rend à la vertu. J’ai lu avec plaisir sur la quatrième page de la couverture du Mouvement que la Société nouvelle de librairie et d’édition allait nous donner le « Compte rendu sténographique officiel du Congrès général des Organisations Socialistes Françaises tenu à Paris en Décembre 1899 ». C’est là de bon style officiel. Voilà de bonne publication. Nous aurons là même les paroles inutiles prononcées dans le grand gymnase pendant que la commission travaillait. Nous aurons les basses démagogies de Ebers aussi bien que l’austère démonstration historique de Lagardelle. Qu’importe ? Mieux vaut publier tel que. Il est même intéressant que le Congrès, dans sa deuxième journée, ait résolu que l’on procéderait à cette publication. Il donnait ainsi le bon exemple. On va publier, sur l’invitation formelle du Congrès, sous le contrôle d’une commission spéciale, des discours blessants pour telle ou telle organisation. C’était d’une large liberté. Pourquoi le Congrès n’a-t-il pas continué ? — Il y aura dans tes cahiers beaucoup plus d’édité que d’inédit. Mais il y a tant d’inédit que tout le monde connaît d’avance, il y a tant d’édité que tout le monde ignore.

Si enfin quelqu’un te met en mains de la copie, joins-la aux cahiers. J’aurai cette copie en communication, je la lirai ou ne la lirai pas selon le temps que j’aurai. Il peut arriver que de la bonne copie ne soit reçue en aucune revue par aucun éditeur. Tu m’enverras de la bonne copie. Tu m’enverras même des vers si tu en reçois. Le vers n’est pas forcément déshonorant.