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COMPTE RENDU DE MANDAT

cognerais. Parce que c'est des saletés qu'on ne se fait pas entre copains. Dans le privé, il faut être franc. Et quand on veut me rouler, moi je fous la beigne, est-ce pas ? Vous savez ce que ça veut dire.

— Oui, un agrégé de philosophie, dans une assemblée générale de société anonyme à capital et personnel variables, traduisait ainsi : foutre ou donner sur la gueule à Péguy.

— Voilà un agrégé qui me plaît. Si tous lesagrégés de philosophie avaient celle vigueur, on pourrait peut-être consentir à faire une petite place dans le parti à tous ces rabougris d'intellectuels. Dites-moi son nom, mon ami, que j'aille lui présenter mes respects.

— Je vous le dirai entre quaire-z-yeux.

— Entre quaVz yeux, qu il faut dire. Vous n'êtes pas accoutumé au langage vraiment populaire. On m'avait bien dit que vous êles un aristocratiste et un personna- liste. Quand vous verrez cet agrégé vous lui ferez tous mes compliments. C'est un rude camarade. Peu de manuels parleraient aussi bien. Vraiment, monsieur, vous m'avez surpris, avec cet agrégé. On m'avait dit que tous ces intellectuels perdaient leur temps à des discussions, à des raisonnements, à des démonstra- tions. Quelque envieux, sans doute. On m'avait dit qu'ils gâchaient leur jeunesse et la force cie leur âge en des spéculations rationnelles, qu'ils pâlissaient en Sor- bonne et attrapaient des migraines. Je suis heureux qu'il y en ait de rouges, de barbus et de brulaux. Un fort en gueule intellectuel fait beaucoup dans mon esprit pour le relèvement de sa classe, qui en a besoin.

Je vous disais donc, mon ami, que dans le privé on n'admet pas les trahisons, félonies, jésuiteries, men-

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