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COMPTE RENDU DE MANDAT min de fer. Ainsi le veut la théorie. On a même remar- qué dans le parti qu'une expérience constante semblait démontrer, confirmer, vérifier que c'étaient les plus crapuleux qui avaient le plus de talent. C'est pour cela que nous leur avons confié les meilleures places. La haute pauvreté de Guesde couvre tout. Comme la grande honnêteté de Jaurès pour les indépendants. Et puis si les bourgeois ne sont pas contents, ils auront affaire à moi. Nous les valons bien. Nous avons bien le droit d'avoir un parti aussi sale qu'eux.

Mon petit cousin, qui n'est décidément pas fort, avait envoyé sa lettre à son ami Roy, qui devait la lire en séance et la commenter. H avait aussi averti son vieil ami Pierre le Febvre. L'ami Roy ne devait pas plnider pour mon petit cousin, mais il faisait comme qui dirait le commissionnaire. Il arrivait, lisait la lettre, et disait ce que mon petit cousin aurait dit s'il avait été là. Parce que dans une lettre on ne met pas ce qu'on veut. Et puis mon petit cousin dit toujours qu'il n'a pas le temps d'écrire. Alors c'était Roy qui devait parler pour lui. Seulement mon imbécile de nigaud de petit cousin avait négligé le principal. Devinez.

— Je ne puis deviner ce qui était le principal.

— Ne faites pas l'innocent. Devinez un peu. Voyons, le principal.

— Vraiment je ne sais.

— Vous n"êtes pas malin non plus, vous. Le principal, c'est que Roy n'est pas inscrit au groupe. C'est roulant, hein !

— Oui, c'est roulant.

— Vous n'êtes pas gai, aujourd'hui. Mais je me roule encore, moi, rien que d'y penser. Alors, au mo-

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