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(iî U V R E s DE P R O S V.

lieu et de Sa Majesté l'empereur Napoléon premier, un mot d'ordre part de Paris, et rran cette loi criminelle est flétrie comme il faut, clouée au pilori.

— Qu'est-ce que le pilori, demanda Pierre Baudouin.

— C'est quelque chose pour qu'on y cloue Millerand. Millerand l'infanticide! Voyez l'utilité : moi je n'a pas mon pareil à Orléans pouren^ueuler quelqu'un. Kh bien jamais je n'aurais trouvé un mot comme ça. Infanti- cide ! On a beau dire. Infanticide! Il n'y a encore que ces avocats de Paris, Infanticide I

Seulement ce qu'il y a de roulant, c'est que Millerand s'en fout autant que nous, parce qu'il est à la coule.

— A la coule de quoi?

— A la coule de la centralisation, puisqu'il est ministre. Alors il peut organiser pour sa loi des mani- festations spontanées.

Moi, voyez-vous, il nie faut de l'unité. J'aime l'unité. Je suis partisan de l'unité. J'aime l'alignement, l'en- semble. Si on laissait les provinces lointaines imaginer des manifestations disparates, non seulement ça manque- rait de littérature, mais on n'obtiendrait pas ces admi- rables concerts, ces puissantes symphonies.

— Anliphoniques.

— Laissez-moi la paix. Quand j'emploie un mot savant, pour faire de l'effet, je vous défends d'employer un mot plus savant. J'en étais à symphonies. Et je maintiensquenousenavonsdonné uneadmirable. Infan- ticide, infanticide, infanticide, ça roulait de Quimperà Barcelonnette comme l'immense flot du son de la voix de la clameur du reproche et du remords de la con- science du peuple des citoyens du monde socialiste. Vous voyez bien que je réussis à faire des phrases

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