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Le vieux capitaine disait ordinairement que le grog était l’élexir de vie ; mais il ne le fut pas pour lui : une nuit il but son dernier verre, chanta sa dernière chanson et entendit, pour la dernière fois, la flûte de son ami. Le pauvre Oran eut le cœur brisé de tristesse ; je crois qu’il aurait suivi le capitaine dans la tombe, s’il ne m’avait été déjà sincèrement attaché ; même pendant la vie de son ancien maître.

Pensant que le changement de scène pourrait le distraire, je me rendis à Londres avec lui : les théâtres l’enchantèrent, particulièrement l’opéra, dont la musique s’accordait admirablement avec son goût.

Il y a quelque chose de si comique dans la contenance de sir Oran, que je ne l’introduisis que dans les meilleurs sociétés, où la politesse empêchait que l’on ne