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XIX


LE CAVEAU


Il n’y eut ce jour-là de faits que trois chevaliers de Saint-Michel le roi, son frère de Guyenne et son cousin de Bourbon. La réception des autres membres fut remise au lendemain, puis ajournée au 29 septembre, fête de l’archange. Les bruits de guerre se répandirent en Bretagne avec la rapidité de l’éclair. Le duc François prit, le soir même, la route de Nantes afin de rassembler son armée.

Le soir aussi, tous les gentilshommes bretons quittèrent la maison hospitalière du sire du Dayron. Mme Reine se mit en marche avec Aubry, Berthe et Jeannine, sous l’escorte des deux hommes d’armes de Maurever. Dame Josèphe de la Croix-Mauduit, Bette, Biberel, les deux chiens et le faucon inconséquent faisaient partie de cette caravane.

Vous n’eussiez point reconnu Berthe de Maurever, tant elle était heureuse ! Elle ne ressemblait plus à cette pauvre âme vaincue qui cherchait humblement des consolations auprès de Jeannine. Elle triomphait. Elle remerciait Aubry du fond de l’âme d’avoir attendu si longtemps à lui montrer son cœur. La douleur de l’attente avait été cruelle, mais comme ces souffrances désormais passées rendaient plus délicieuse la première heure de joie Aubry n’avait point fait comme tant