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Page:Parnasse de la Jeune Belgique, 1887.djvu/49

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Nativité

C'était un jour d’orgueil et d’amour souverain ;

La gloire du soleil ruisselait dans les arbres,

Le ciel, dont se fondait Tazur, doux et serein,

S’imprégnait de parfums purs comme l'air marin,

Et, rosant la candeur liliale des marbres,

La gloire du soleil ruisselait dans les arbres ;

C était un jour d’orgueil et d’amour souverain.


L’inaltérable espoir des floraisons charnelles

De l’atmosphère en feu s’exhalait longuement ;

Dans la pourpre et dans l’or des splendeurs éternelles,

Dans les rayons dardés des milliers de prunelles

De l’astre extasié, dans l’éblouissement

De l’atmosphère en feu s’exhalait longuement

L’inaltérable espoir des floraisons charnelles.


Dans la plaine où dormaient les massives forêts

Lourdes d’ombre farouche et noire et de mystère.

Les blés, les osiers verts et les joncs des marais

Et les fleurs des jardins faites d’arômes frais,

De leurs vives couleurs émerveillaient la Terre

Lourde d’ombre farouche et noire et de mystère.

Dans la plaine où dormaient les massives forêts.