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Page:Parnasse de la Jeune Belgique, 1887.djvu/47

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La Joconde


Parmi l'écroulement des grandeurs séculaires,
Des espoirs teints de sang, de magie et d*orgueil,
Des langueurs de remords sans motif et de deuil
Baignent, Monna Lisa, tes yeux crépusculaires.

Et parfois un éclair de sensualité
Très doux vient allumer tes pensives prunelles,
Et les âpres désirs des voluptés charnelles
Glissent dans ta chair pâle un frisson redouté.

Ton si triste sourire est le cruel mystère
D’un cœur silencieux pris d’un amour austère
Pour le riche avenir des fortes floraisons ;

Le candide regret des triomphes mystiques
Enflamme de feux verts tes yeux énigmatiques,
Consolants et rêveurs comme des oraisons.