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Page:Parnasse de la Jeune Belgique, 1887.djvu/271

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Je montais à la chasse un fringant palefroi
Aussi blanc que la neige
Et je faisais pâlir l’équipage d’un roi
Auprès de mon cortège.

Et je m’imaginais qu’une fée à l’œil bleu,
Comme dans un poème,
Avait baisé mon front de ses lèvres de feu,
Le jour de mon baptême.

Retombée aujourd’hui, comme une feuille au vent,
Dans cette vie amère,
Je te regrette encore et te pleure souvent,
Enfantine chimère !

Viens pour me consoler et noyer mon ennui
Dans les flots de tes songes,
Et laisse à mon chevet descendre quelque nuit
Tes féeriques mensonges !