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Prière


Lente aux aveux et molle aux baisers sans retour,
Douce effeuilleuse ainsi des roses de l’amour,
Telle soit, ô mon Dieu, celle à qui vont mes rêves !

Car mes rêves sont las comme de blancs oiseaux
En qui verse l’ennui de l’azur et des eaux
Le suprême désir de dormir sur les grèves.

Il me plairait m’étendre en de pâles cheveux,
Et mourir, à jamais exaucé de mes vœux,
Loin des clameurs du bronze et de l’hymne des glaives !