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Page:Parnasse de la Jeune Belgique, 1887.djvu/224

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Parnasse de la Jeune Belgique


Désirs d’Hiver


Je pleure les lèvres fanées
Où les baisers ne sont pas nés,
Et les désirs abandonnés
Sous les tristesses moissonnées.

Toujours la pluie à l’horizon !
Toujours la neige sur les grèves !
Tandis qu’au seuil clos de mes rêves
Des loups couchés sur le gazon

Observent en mon âme lasse,
Les yeux ternis dans le passé.
Tout le sang autrefois versé
Des agneaux mourants sur la glace.

Seule la lune éclaire enfin
De sa tristesse monotone,
Où gèle l'herbe de l’automne,
Mes désirs malades de faim.