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lancelot blessé par meléagan.

demeurer près de sa dame. D’ailleurs il n’était plus question de fêtes ; la clameur de la demoiselle de Carmelide rendait soucieux les barons, le roi Artus plus que les autres ; et pour la reine elle n’était inquiète que de la blessure de Lancelot. Artus, en donnant congé à ses barons leur recommanda de se trouver, à la prochaine Chandeleur, à Caradigan en Irlande[1]. Galehaut permit également à ses hommes de quitter la cour, en les avertissant de ne pas manquer au rendez-vous.

Or la demoiselle qui avait levé cette clameur contre la reine était bien la fille du roi Léodagan ; seulement elle n’était pas née en loyal mariage. Sa mère était la femme de Cléodalis, sénéchal de Carmelide, comme on l’a vu dans le livre d’Artus[2]. Née le même jour, elle avait reçu le même nom et possédait presque autant de beauté que la véritable reine.

Dès qu’on avait parlé de marier la première Genièvre au roi Artus, l’autre avait conçu l’espoir de lui être substituée. Le roi Léodagan, indigné de ses odieux projets, l’avait reléguée dans une maison de religion. Là, elle avait fait

  1. Var. : « A un sien chasteau qui avoit nom Vicebrog ; si estoit en la fin de son royaume ès lointaines isles par devers Yrlande. » (Édition de Rouen, 1488.)
  2. Table ronde, t. II, p. 153.