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que des mosaïques de races variées. Plus l’histoire avance, plus les races s’entremêlent dans la formation des groupes sociaux[1].

La Sociologie ne peut s’absorber dans la philosophie des races. Les formes sociales que certains regardent comme l’effet des différences ethniques sont souvent un facteur important des différences ethniques elles-mêmes. Tel ou tel peuple semble présenter tels caractères psychologiques ou moraux. Mais ces traits distinctifs tiennent plutôt aux milieux qu’il a traversés, aux formes sociales qu’il a subies, bref, à l’ensemble de son évolution sociologique qu’aux conformations anatomiques.

Concluons que la philosophie des races n’est au fond qu’un fatalisme historique, un mysticisme ou réalisme social qui ne résout aucun problème.

La théorie des sociologues (Ratzel) qui regardent le milieu géographique comme le facteur essentiel dans la formation des sociétés n’est guère plus satisfaisante. Le cadre n’explique ni l’action qui s’y déroule, ni le caractère des acteurs. De plus, comme le climat et le milieu géographique ne sont ici intéressants que comme facteurs générateurs ou modificateurs de la Race, la théorie de Ratzel se ramène au fond à celle des anthropologues ou ethnologues.

Les théories qui vont suivre ont un caractère biologique plus ou moins accentué. Elles expliquent la vie sociale au moyen de certaines actions d’ordre organique et qui formeraient une sorte de trait d’union entre les actions purement physiques et les actions psychiques. D’après M. Izoulet, le phénomène générateur des sociétés est la symbiose ou solidarité organique. Toute société repose sur la division du travail et la coopération, qui sont les deux faces de la solidarité.

  1. Voir Bouglé, Pour la Démocratie française (Paris, Cornély). Philosophie de l’Antisémitisme.