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régression partielle des organes et des institutions devenus inutiles, de même tout progrès suppose la survivance pendant un certain temps au moins de vestiges plus ou moins importants du passé. Sous la législation de plus en plus uniforme dans ses grandes lignes qui régit les peuples modernes, nous retrouvons à l’état de survivances plus ou moins effacées et déformées, mais néanmoins reconnaissables, toutes les institutions qui ont été prépondérantes à des époques antérieures. Ainsi dans la famille actuelle il reste des survivances des formes anciennes de la famille, telles que le matriarcat.

Un état social renferme toujours un certain nombre d’institutions anachroniques. M. Demoor et Vandervelde expliquent ainsi ce fait : « Une institution inutile se maintient souvent par coaction, lorsque sa conservation présente des avantages pour ceux qui en font partie… On pourrait faire une liste interminable des sinécures radicalement inutiles que certains gouverments s’obstinent à maintenir, de peur de mécontenter ceux qui les occupent[1]. » On pourrait citer les avoueries à la fin du moyen âge et combien d’exemples plus modernes !

Demandons-nous maintenant quel est le sens suivant lequel a lieu la régression.

D’après M. de Greef, l’évolution régressive s’opère dans un ordre déterminé ! Elle constitue un retour vers l’état primitif.

On sait que le savant belge distingue dans une société sept propriétés : propriétés économiques, gênésiques (familiales), artistiques, scientifiques, morales, juridiques et politiques. On sait aussi que pour lui cet ordre, en même temps qu’il représente la hiérarchie logique représente aussi l’ordre de formation historique de ces propriétés. Partant de là, M. de

  1. L’Évolution regressive, p. 294.