Page:Péguy - Les Mystères de Jeanne d’Arc, volume 2.djvu/37

Cette page n’a pas encore été corrigée


DE LA DEUXIEME VERTU

vertu, qu'elle est une vertu théologale, et que de toutes les vertus, et des trois vertus théologales, elle est peut- être la plus agréable à Dieu.

Qu'elle est assurément la plus difficile, qu'elle est peut-être la seule difficile, et que sans doute elle est la plus agréable à Dieu.

��La foi va de soi, La foi marche toute seule. Pour croire il n'y a qu'à se laisser aller, il n'y a qu'à regarder. Pour ne pas croire il faudrait se violenter, se torturer, se tourmenter, se contrarier. Se raidir. Se prendre à l'envers, se mettre à l'envers, se remonter. La foi est toute naturelle, toute allante, toute simple, toute venante. Toute bonne venante. Toute belle allante. C'est une bonne femme que l'on connaît, une vieille bonne femme, une bonne vieille paroissienne, une bonne femme de la paroisse, une vieille grand mère, une bonne paroissienne. Elle nous raconte les histoires de l'ancien temps, qui sont arrivées dans l'ancien temps.

Pour ne pas croire, mon enfant, il faudrait se boucher les yeux et les oreiUes. Pour ne pas voir, pour ne pas croire.

��La charité va malheureusement de soi. La charité marche toute seule. Pour aimer son prochain il n'y a

ag porche. — 2.

�� �