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le porche

Mais on le prend comme on peut. Si quelqu'un le sait, c'est moi.

Nuit tu es une belle invention

De ma sagesse.

Nuit ô ma fille la Nuit ô ma fille silencieuse

Au puits de Rébecca, au puits de la Samaritaine

C'est toi qui puises l'eau la plus profonde

Dans le puits le plus profond

O nuit qui berces toutes les créatures

Dans un sommeil réparateur.

O nuit qui laves toutes les blessures

Dans la seule eau fraîche et dans la seule eau profonde

Au puits de Rébecca tirée du puits le plus profond.

Amie des enfants, amie et sœur de la jeune Espérance

O nuit qui panses toutes les blessures

Au puits de la Samaritaine toi qui tires du puits le plus profond

La prière la plus profonde.

O nuit, ô ma fille la Nuit, toi qui sais te taire, ô ma fille au beau manteau.

Toi qui verses le repos et l'oubli. Toi qui verses le baume, et le silence, et l'ombre

O ma Nuit étoilée je t'ai créée la première.

Toi qui endors, toi qui ensevelis déjà dans tme Ombre éternelle

Toutes mes créatures

Les plus inquiètes, le cheval fougueux, la fourmi labo- rieuse.

Et l'homme ce monstre d'inquiétude.

Nuit qui réussis à endormir l'homme

Ce puits d'inquiétude.

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