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le porche

Le même chemin, deuxième n'est plus le même. Tous les jours, dites-vous, tous vos jours sont les

mêmes Sur terre, sont le même. Partant des mêmes matins vous acheminent aux mêmes

soirs. Mais ils ne vous conduisent point aux mêmes soirs

éternels. Tous les jours, dites-vous, se ressemblent. — Oui, tous

les jours terrestres. Mais rassurez-vous, mes enfants, ils ne ressemblent

point Au dernier jour, à celui qui ne ressemble à nul autre. Tous les jours, dites-vous, se recommencent. — Non ils

s'ajoutent Au trésor éternel des jours. Le pain de chaque jour au pain de la veille. La souffrance de chaque jour (Quand même elle recommencerait la souffrance de la

veille) Au trésor éternel des souffrances. La prière de chaque jour

(Quand même elle recommencerait la prière de la veille) Au trésor éternel des prières. Le mérite de chaque jour

(Quand même il recommencerait le mérite de la veille) Au trésor éternel des mérites. Sur terre tout se recommence. Dans la même matière.

Mais au ciel tout compte Et tout s'additionne. La grâce de chaque jour (Quand même elle recommencerait la grâce de la veille)

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