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le porche

Ce corps inerte, sans elle inanimé.

Inerte sans elle, laborieux par elle,

Qui animé par elle travailleur peut labourer cette terre,

Réussit à la labourer.

Il ne faut pas seulement qu'elle fasse son salut, elle pour

elle, elle pour soi. Il faut aussi qu'elle fasse son salut pour lui, son salut à

elle l'âme pour lui le corps. Et il faut qu'elle fasse ensemble son salut à lui qui

ressuscitera. Leur commun salut, ensemble leur double salut pour

qu'après le jugement dernier, Aussitôt après,

Ensemble ils participent à la commune félicité éternelle, Elle l'immortelle, et lui le mortel et le mort mais le

ressuscité, Lui étant seulement devenu un corps glorieux. Comme les deux mains sont jointes dans la prière. Et l'une n'est pas plus injuste que l'autre, Ainsi le corps et l'âme sont comme deux mains jointes. Et l'un et l'autre ensemble ils entreront ensemble dans

la vie éternelle. Et ils seront deux mains jointes, ensemble, pour ce qui

est infiniment plus que la prière. Et infiniment plus que le sacrement. Ou tous les deux ensemble ils retomberont comme deux

poignets liés Pour une captivité éternelle.

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