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Alfonse mourut bientôt, et les honneurs de cette fausse royauté furent moins glorieux pour sa mémoire que la sépulture élevée par la volonté d’Isabelle et par le ciseau de Gil de Siloé. La base porte l’écusson de Castille et de Léon flanqué de deux guerriers, tout bardés de fer, appuyés sur leurs lances à leur visage menaçant, on reconnaît bien ces grands vassaux, qui étaient moins les gardiens de la couronne que son péril et son inquiétude éternelle. Au-dessus l’infant don Alfonse est agenouillé sur des coussins, le chaperon sur les épaules, drapé d’un riche manteau ; devant lui, sur un tabouret, un livre est ouvert. Une guirlande sculptée flotte au-dessus du jeune prince, comme un rideau qui va tomber. L’arcade qui encadre cette scène se termine par une image de Notre-Dame avec l’enfant Jésus. Des deux côtés du monument, deux légères pyramides découpées à jour sont habitées par des groupes de figurines d’une exécution parfaite. On ne finirait pas si l’on voulait décrire les capricieuses arabesques, les poétiques épisodes qui enrichissent cette composition. Parmi d’autres tableaux charmants, un jeune garçon va mettre la main sur une grappe qui semble mûrir pour lui mais un écureuil plus agile descend de la treille et dévore le raisin. N’est-ce pas l’image de cet enfant né pour la couronne, mais prévenu par une rapide destinée ? Virgile pleura en vers immortels les courtes années du jeune Mar--