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dre une décision avant d’avoir entendu Thomas ; lui-même et les prélats accusateurs, qui se souciaient peu d’avoir à soutenir les regards et les interpellations de celui qu’ils poursuivaient, retournèrent vers leur maître sans avoir rien fait pour l’accomplissement de ses désirs. Cependant le vénérable fugitif avait quitté l’habit emprunté et l’humble nom de frère Christian, sous lequel il avait traversé la Flandre. En mettant le pied sur la frontière de France, il avait repris sans hésiter ce titre d’archevêque de Cantorbéry qui le dénonçait à la malveillance des princes. Il alla trouver Louis VII à Soissons, et se confia à sa loyauté. Louis VII le reçut avec honneur, et, en lui promettant son appui, lui adressa ces nobles paroles « Si le roi d’Angleterre, dans l’intérêt de sa dignité royale, maintient les coutumes qu’il dit être celles de ses ancêtres, et qui offensent la loi divine, moi aussi je conserverai les coutumes de France pour lesquelles j’ai reçu avec le trône un respect héréditaire. Or, c’est la coutume de la France, depuis les temps les plus anciens, de nourrir et de défendre tous ceux qui souffrent, ceux-là surtout qui sont exilés pour la justice. A un tel usage, si Dieu m’est en aide, moi vivant, il ne sera jamais dérogé. »

Sous ces auspices, Thomas se présenta devant la cour pontificale. Plus d’une fois il y avait paru dans des temps plus prospères, alors surtout que,