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L’école épiscopale conservait le titre d’école des chantres à Rome, à Lucques, à Naples. Ses auditoires s’ouvraient sous les portiques, sur le parvis des cathédrales, comme à Saint-Jean de Latran, à Saint-Martin de Lucques, à Saint-Ambroise de Milan. Les études profanes y étaient employées, selon les termes du pape Eugène III, à mettre en lumière les dogmes révélés. Sans doute on ne bannissait point les poëtes du paganisme : comment fermer la porte au doux Virgile, quand il se présentait en compagnie des sibylles et des prophètes, avec sa quatrième églogue, où tout le moyen âge crut reconnaître l’annonce du Dieu sauveur ? Les fictions de l’antiquité s’introduisaient à la faveur de l’allégorie, et Théodulfe ne craignait pas d’avouer son faible pour Ovide, dont chaque fable couvrait une leçon[1]. Cependant la piété des jeunes clercs s’appliquait de préférence aux récits de la Bible ou de la légende : c’étaient ces sujets populaires qu’on aimait à plier aux règles de la prosodie latine, ou sous la loi du vers rimé. J’en trouve un exemple dans ce petit poëme du douzième siècle[2] :

  1. Theodulfi Carmina, lib.IV, 1.


    Et modo Pompeium, modo te, Donate, legebam,
    Et modo Virgilium, te modo, Naso loquax.
    In quorum dictis, quamquam sint frivola multa,
    Plurima sub falso tegmine vera latent.

    .
  2. Vatican, no 3325, parchemin, à la fin d’un manuscrit de Salluste qui semble remonter au douzième siècle.