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mas Ross en a faite sur le texte même, et nous n’avons point rencontré dans celle-ci les idées et les expressions qui, dans celle du premier, ont légitimé l’accusation d’emprunts. Il résulte de cet examen comparatif que Macpherson ne s’est point contenté d’ajouter au texte, mais qu’il a omis des passages remarquables, de belles expressions qui se retrouvent dans la traduction de Thomas Ross, et qu’en demeurant moins près que celui-ci de l’original, il n’a pas donné, quant à l’ensemble, une juste idée de la nerveuse simplicité du poète calédonien, et lui a fait un tort que ne rachètent pas toujours les beautés de sa diction et l’harmonie de ses périodes.

3° Il est singulier, il faut l’avouer, qu’on ne rencontre aucune trace de religion dans les chants d’Ossian, car les compositions des autres peuples se rattachent toutes fortement à leurs croyances mythologiques. Il serait sans doute plus conforme à l’histoire des anciens chefs du Nord, de voir auprès d’eux, dans le camp et à la salle des coupes, le prêtre avec le barde, car ce dernier n’était lui-même qu’une sorte de prêtre d’un rang inférieur ; mais qu’on se rappelle la guerre d’extermination