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Fanchette.

Ne craignez rien, mon père, ni vous auſſi, Nicolas. Je rends juſtice à Monſieur le Marquis, ſes intentions ſont pures. (À part.) C’eſt ce que je vais apprendre, ou l’accabler de ma colère.


Brid’oison.

Nous allons, Madame, vous laiſſer ſeule. Suivez-moi, vous autres.

(Baſile éteint les bougies, & ils ſortent.)




Scène XI.


FANCHETTE, LE COMTE.



Fanchette, ſe croyant ſeule.

Ah, je ne crains rien. Quoi, Chérubin, pourriez-vous être coupable d’un complot auſſi noir ? Vous voulez donc me forcer à vous haïr, à vous mépriſer ! — Le mépriſer ! Peut-il ceſſer d’être eſtimable ? Hélas, il vient me faire ſes derniers adieux. Autant j’étois ſaiſie d’horreur à la ſeule idée de me trouver avec le Comte, autant un penchant invincible m’entraîne vers Cherubin. Quelle eſt ma foibleſſe ! (Avec fermeté.) Il faut la ſurmonter en fuyant un entretien qui nous rendroit plus à plaindre. (Elle va pour s’en aller.)