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prendre cette nouvelle. Votre parente, qui l’eſt en même tems du Marquis, vient d’être réunie à ſon époux le Duc de Médoc : on a réhabilité leur mariage, qui couronne une confiance que les années & l’abſence n’ont pu affoiblir de part ni d’autre. Ils viennent nous voir ; voilà leur lettre. Je vais donner mes ordres pour les recevoir. (à Chérubin.) Venez avec moi, Monſieur le Marquis.

(Ils ſortent.)





Scène V.


LA COMTESSE, SUSANNE, FANCHETTE.



La Comtesse.

Quel bonheur pour ma parente ! (Après avoir lu bas.) Elle parle de toi, Fanchette.


Fanchette.

Hélas, je ſuis la ſœur de lait de leur fille infortunée, qui mourut âgée de trois mois, à ce que m’a raconté mon père.


Susanne.

Ma tante Mathurine m’a parlé très-ſouvent de tout cela. Elle pleuroit en ſe reſſouvenant de la cruauté qu’on avoit miſe en ſéparant ces deux époux, & regardant Fanchette, elle lui diſoit : » Tu aurois joué un grand rôle, mon enfant, & moi aussi. » Car elle avoit de l’ambition, pour une payſanne. Son mari n’eſt qu’une bête ; mais