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XXIX

MEKTOUB


Le Nil charriait dans ses flots verts le cadavre du crocodile qui flottait, le ventre en l’air, la garde du poignard restant visible dans la plaie affreuse… Il le charriait vers le nord, vers le delta, vers la mer…

Assis parmi les herbes, au bord du fleuve, Karl von Haffner réfléchissait profondément. Ahmed, son âme damnée était à ses côtés, mais ses yeux troubles ne regardaient pas les flots. La vision de la jeune fille disparaissant dans les roseaux hantait trop son cerveau en feu.

Karl songeait… Son œil bleu était plus dur encore, sous ses sourcils rapprochés, et son poing se crispait… Ainsi, malgré son forfait, c’était l’échec, l’échec complet… Il n’avait pas trouvé le Talisman du Pharaon. Comme un mauvais chasseur, il allait rentrer bredouille… Oh ! si cette obstinée Bretonne avait, voulu parler, révéler le secret, il l’aurait découvert, lui !…